La situation des ouvriers producteurs de cannelle

 

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Le commerce des épices prit son essor dès la fin du XVe siècle grâce à l’ouverture de voies maritimes entre l’Europe et l’Asie par Vasco de Gamma notamment. Cela fut ainsi l’occasion pour de nombreux pays colonisateurs d’apporter leur culture et leurs méthodes au sein des pays d’Asie.

 

Le Sri Lanka, petite île au large de l’Inde, n’échappa pas à la furie colonisatrice. Dès le début du XVIe siècle, les Portugais s’installent sur l’île. Si leurs traces sont peu nombreuses, ce n’est pas le cas de l’occupation hollandaise qui débuta à partir de 1658. Outre les villes fortifiées du littoral, les Hollandais instaurent rapidement un système permettant la culture des épices à bas coût.

Connue et appréciée depuis l’Antiquité, la cannelle du Sri Lanka, la Cinnamomum Verum, devient avec le thé le premier produit exporté de l’île.

Pour assurer une production suffisante et maintenir des coûts de production faibles, les Hollandais créent une véritable caste au sein de la population, les ouvriers de la cannelle. Les familles qui travaillent les branches du cannelier pour produire cette écorce tant recherchée se voient lentement ostracisées et soumises à la main mise des Hollandais par de sévères lois. Ces lois et dispositions interdisent à tout ouvrier d’exercer un autre métier, leur savoir-faire étant précieux. De plus, les salaires ne sont donnés qu’en fin de journée aux hommes, les poussant à tout dépenser immédiatement, pénalisant la famille, notamment en privant leurs enfants de toute éducation. Tous les membres de la famille se retrouvent impliqués dans le système et de véritables communautés d’ouvriers se forment à proximité des plantations.

 

L’annexion du Ceylan en 1796 par les Britanniques ne modifie pas le système mis en place par les Hollandais. Les Anglais se contentent de rajouter des contremaîtres locaux qui gèrent désormais la production de cannelle et leur rendent des comptes.

Après son indépendance en 1948 les contremaîtres, libérés du joug britannique, se sont empressés de maintenir le système en place, profitant dorénavant seuls des juteux bénéfices.

Si la situation tend à s’améliorer pour ces populations depuis l’indépendance du pays, elle n’a cependant guère transformé leurs conditions de vie. La création en 2011 du projet Culinary Truths joue un rôle primordial pour quelques-uns  de ces ouvriers. Créée par le Docteur Darin Gunesekera principal conseiller du projet, et Bandula Seneviratne, directeur d’une usine de produits pharmaceutiques naturels, l’entreprise Culinary Truths offre des conditions de travail idéales, un salaire indexé sur l’économie locale et bannit le travail des enfants.

La portée sociale de ce projet devrait grandir. Actuellement  presque quarante ouvriers et ouvrières en profitent. Mais l’usine peut accueillir jusqu’à 300 personnes et espère surtout que son exemple influencera positivement le reste du pays.

 

 

Asie Mut Team, Février 2013